Transport : Près de 800 passagers dans le double train du matin sur la ligne Casamozza - Bastia

Depuis une semaine, un train double (UM2) a été mis en service sur la ligne Bastia-Casamozza à l’heure de pointe entre 7h30 et 8h30 du matin pour répondre à la demande. Près de 800 personnes dont 600 lycéens l’empruntent chaque jour pour rejoindre en 20 minutes le centre-ville bastiais. Ce système de double rame a été inauguré, mardi matin, en présence des responsables des Chemins de fer (CFC), du président de l’exécutif territorial et des maires des communes concernées (cf réactions). Il sera prochainement étendu à toutes les heures de pointe. Explications pour Net Infos du président des chemins de fer de la Corse et vice-président de l’Assemblée de Corse, Hyacinthe Vanni.

Les lycéens à la descente de MontesoruLes lycéens à la descente de Montesoru.

- Quel était le but de ce voyage en train ? 
- Le but était de montrer l’une des nouveautés de la rentrée. Nous avons doublé la capacité de transport sur la ligne Casamozza-Bastia aux heures de pointe et passé de 200 à 400 places assises avec un confort qui nous permet de transporter les usagers dans de bonnes conditions de sécurité. L’UM2 (Unité multiple 2), c’est-à-dire le doublement des rames, était complet ce matin. Entre 7h30 et 8h30, nous transportons à peu près 800 personnes dont 600 collégiens et lycéens. Cela évite à environ 12 cars scolaires de rentrer en ville. Le reste se compose de gens qui vont au travail ou dans des administrations. Nous nous félicitons de ce succès. C’est très important. C’est le début de l’intermodalité. 
  
- Comment et quels trains ont été doublés ? 
- Nous avons accroché deux rames ensemble pour former une unité multiple, doublant ainsi la capacité du train qui arrive à 7h50 en gare de Bastia. Nous expérimentons cette unité multiple depuis une semaine sur cet horaire bien précis qui correspond à une heure de pointe pour les personnes et les scolaires qui commencent à travailler à 8 h le matin. La demande est forte, nous y avons répondu. Toutes les conditions de sécurité et de fiabilité sont réunies. Aujourd’hui, nous sommes sûrs du succès de cette expérience. Nous nous apprêtons à mettre en service l’UM2 sur le train de 17 h qui correspond à l’heure de pointe de l’après-midi et à la sortie des collèges et lycées. 
  
- Y-a-t-il plus de rotations ? 
- Oui ! Sur cette ligne, le mercredi, nous avons mis en place des rotations supplémentaires et nous réfléchissons à doubler les capacités avec l’UM2 sur l’heure de pointe de midi. A toutes les heures de pointe, nous voulons expérimenter cette unité multiple. 
  
- C’est un premier pas vers l’intermodalité. Que comptez-vous faire de plus ? 
- L’objectif est d’empêcher les voitures d’entrer en ville, de les arrêter dans les parkings multimodaux gratuits que nous avons construits à Casamozza et à Furiani, et d’inciter les gens à prendre le train pour aller à Bastia. Avec un double effet : d’un côté, réduire les nuisances urbaines, de l’autre, augmenter nos recettes et développer le train. Le parking de Furiani, qui est déjà en fonction, sera bientôt inauguré. Il est très attractif. 
  
- Les gens commencent-ils à prendre le pli ? 
- Oui ! La fréquentation du train est en augmentation constante. Pour donner un ordre d’idée : il y a 3 ans, le train transportait 200 scolaires. L’an dernier, il en transportait 400. Cette année, il en transporte 600. L’année prochaine, compte tenu de nos capacités, nous espérons encore augmenter ce chiffre. Ce qui est sûr, c’est que la demande existe. A nous d’être en mesure de proposer une offre correspondante et de communiquer dessus. 
  
- Des rames doubles sont-elles prévues sur le périurbain ajaccien ? 
- Oui ! C’est en projet. La priorité sur le secteur d’Ajaccio est d’installer la CCVU, la Commande centralisée voie unique, qui nous permettra, déjà, de doubler les rotations. Nous expérimenterons, aussi, les UM2 pour répondre à la forte demande sur le périurbain ajaccien, mais, en attendant la CCVU, nous sommes techniquement contraints. Je pense que fin 2019, tout sera installé, nous pourrons augmenter les rotations. 
  
- Quelle sera l’étape suivante ? 
- Très prochainement, la Collectivité de Corse, qui est à nos côtés, inaugurera les quais qui ont été rénovés pour accueillir ces unités multiples. Le quai de Purettone sera livré à la fin du mois. Il existe d’autres projets structurants sur le site de Bastia, mais c’est au président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, et à la conseillère exécutive en charge des transports, Vanina Borromei, de s’exprimer sur ce sujet. 
  
- La création d’un arrêt au niveau du Palais de justice comme le souhaite le maire de Bastia, est-ce envisageable ? 
- Oui ! Nous sommes preneurs. J’espère que le projet d’une gare au Palais de Justice arrivera à son terme. Ainsi que le projet de croisement de Bassanese à Furiani qui nous permettra d’augmenter encore plus nos rotations et de les aligner tous les quarts d’heure. Il y a aussi d’autres projets comme le renouvellement du matériel roulant. Mais ce sont des projets portés par la Collectivité de Corse et l’Office des transports. Je sais que l’Exécutif est très attentif au développement du train. 
  
Propos recueillis par Nicole MARI.

 

La satisfaction des élus

Le président des CFC, Hyacinthe Vanni, entouré des maires et adjoints des quatre communes concernées et du président Gilles Simeoni.Le président des CFC, Hyacinthe Vanni, entouré des maires et adjoints des quatre communes concernées et du président Gilles Simeoni.

Gilles Simeoni, président du Conseil Exécutif de la Collectivité de Corse : « Toute la vision de la desserte des grands centres urbains de Corse est en train d'évoluer. Aujourd'hui, l'évolution concerne la grande région autour de Bastia – Casamozza, Lucciana, Borgo, Biguglia, Furiani et Bastia - les chemins de fer progressent. Le train du matin transportait 200 scolaires il y a trois ans, il en transporte 600 aujourd'hui. Le doublement de la capacité de transport est à mettre en perspective avec le doublement des fréquences, la multimodalité et la création de parkings successifs pour rejoindre plus facilement le cœur de ville de Bastia. Demain, ce sera au tour de la grande région autour d'Aiacciu. Les choses se mettent en place. C'est une modification profonde de la vision des transports, une vision stratégique pour des transports plus durables ». 
  
Joseph Galetti, maire de Lucciana : « Le train, aujourd'hui, revient à la mode. Il était temps parce qu’il était tombé en désuétude. Avant la seconde guerre mondiale, le train fonctionnait très bien puisque toutes les haltes de la Côte Orientale était reliée à chaque village et permettait ainsi à tout le monde de pouvoir se rendre dans la ville-centre. Quelques décennies de vicissitudes plus tard, tout cela reprend un sens avec l'aménagement des gares et la modernisation du train. Aujourd'hui, à nouveau, tout le monde a envie de prendre le train. A Casamozza, une plateforme va être aménagée. C'est très important parce que beaucoup de gens se garent n'importe où. Il faut leur apporter le confort nécessaire et, surtout, déclencher cette sensation : "J'arrive à Casamozza, je vais prendre le train pour aller à Bastia. Je fais mes affaires, je reviens en train, je récupère ma voiture et je rentre dans mon village". Il faut accentuer cette sensation. C'est ce que font les Chemins de fer. Je crois qu'on est sur le bon chemin ». 
  
Louis Pozzo Di Borgo, 1er adjoint au maire de Furiani et vice-président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia) : « Ce doublement de la navette apporte un gros plus. Nous avons sur la commune beaucoup de jeunesse qui va, notamment, au collège de Montesoro et au lycée du Fango. De plus, le train permet de désengorger la ville de Bastia avec notamment la création du parking-relais à la gare de Furiani. Nous allons, dés l'horizon 2020 et le nouveau PGD (Plan Grand Déplacement)  de la CAB, essayer de diriger les véhicules entrants sur Bastia vers le parking-relais de Furiani, cette fameuse gare multimodale doit donner toutes ses lettres de noblesse au train ». 
  
Pierre Savelli, maire de Bastia : « Le doublement de la capacité de certaines navettes permet à tout le monde de prendre le train à des horaires essentiels. On passe de 200 à 400 élèves par navette, près de 800 élèves sont transportés le matin. On a vu à l'arrêt de Montesoru ce que cela représentait. C’est un vrai plaisir de voir ce train bondé, rempli de jeunes qui vont au collège ou au lycée. Tous ces jeunes qui prennent le train, c'est autant de véhicules en moins sur les routes et même autant de bus scolaires en moins. On sait ce que cela représente en coût, en termes de trafic routier, d'impact carbone... C'est donc une bonne nouvelle. Nous sommes sur la bonne voie. Beaucoup de travail reste à faire pour augmenter le rythme des navettes et de possibilité pour les trains de se croiser sur la commune de Bastia. Et il n'y a pas que la taille de la navette, il y a aussi le rythme des navettes avec la volonté d’offrir plus de possibilités aux éventuels voyageurs, donc plus de fréquences. On avance. On est sur la bonne voie ». 

Dans la salle de contrôle...

Dans la salle de contrôle...

Reportage Corse Net Infos

Jeu concours

Le train Corse vous propose un jeu concours sur Facebook. Pour gagner un bon de transport pour 2 personnes valable une semaine sur tout le réseau, il suffit de suivre les instructions de la photos.

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Jeu concours

Le site est maintenant multilingue

Le Train Corse est heureux de vous présenter une évolution majeure, le site www.train-corse.com est désormais trilingue. 

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Dans un souci constant de renforcer l’information voyageur, le Train Corse a été entièrement traduit en anglais et en corse, la langue par default étant le français. Pour changer de langue, rien de plus simple, il suffit de cliquer sur l'icone en forme de planète et choisir la langue de son choix.

Nous espérons que cette fonctionnalité vous plaira, n'hésitez pas à nous donner votre avis celui-ci est toujours apprécié.

Week-end de la mobilité

À l'occasion du week-end de la mobilité, les Chemins de Fer de la Corse s'associent à la CAB et la CAPA. Les navettes des périurbains de Bastia et d'Ajaccio seront gratuites le samedi 15 septembre et le dimanche 16 septembre 2018.

La gratuité s'appliquera uniquement sur les trajets periurbains entre :

  • Bastia et Casamozza
  • Ajaccio et Mezzana

Mise en marche de rame double aux trains N°903 et N°906

Afin d'augmenter la capacité d'accueil dans les trains N° 903 et N° 906 (anciennement N°203 et N°206) mais également dans le but d'améliorer le confort et les conditions de transports des passagers, les Chemins de Fer de la Corse mettent en place à compter de lundi 17 septembre2018 des doubles rames (UM2) sur ces trains.

La longueur de ces trains étant double et certains quais trop courts (rappelons que deux Autorails de type AMG 800 sont accrochés ensemble), les trains N° 903 partant de Bastia à 6:24 et N° 906 partant de Casamozza à 7:18 ne desserviront plus les haltes suivantes :

  • Lupino
  • Erbajolo
  • Saltatojo
  • Policlinique
  • Casatorra
  • Purettone
  • Prison de Borgo

UM2

Ils sont les mécanos du train de Corse

Atelier Casamozza

Au centre de maintenance des chemins de fer, une trentaine d'agents qualifiés assurent les réparations et les vérifications de sécurité sur les quinze trains du réseau. Rencontre avec ces indispensables travailleurs de l'ombre

Gare de Casamozza. Quelques étudiantes et une poignée de touristes attendent le prochain train. De l'autre côté de ce quai baignant dans la tranquillité du mois de septembre, l'ambiance est au travail.

À l'abri des regards, dans ce hangar de quelque mille mètres carrés, les agents des chemins de fer examinent les trains. Ils sont une trentaine, chacun à son poste, affectés à une tâche bien précise.

Équipés d'un matériel de pointe, ces techniciens de l'ombre passent au peigne fin les rames de l'ensemble du réseau. Jamais plus de deux à la fois car pour assurer le transport de voyageurs, "il faut toujours dix trains en circulation", souligne Cédric Tang-Po.

Ce jeune chef de service connaît le métier et gère, à la façon d'un chef d'orchestre, le ballet des trains qui entrent au dépôt, la programmation de toutes les interventions, le planning des agents. Une mécanique désormais bien huilée depuis la rénovation complète de l'installation en 2011.

Quinze millions d'euros avaient été investis par la région pour assurer la maintenance des douze AMG qui effectuent la liaison entre Bastia et Ajaccio et des trois Soulé qui relient les communes de Balagne.

Deux immenses fosses permettent aux agents d'accéder aux moteurs et de grimper sur le toit pour réparer et changer si besoin la climatisation.

Lorsqu'il faut remplacer les essieux, un appareil de levage facilite le travail, comme l'explique le chef de service : "Cette fosse spéciale permet de soulever les deux rames qui pèsent quatre-vingts tonnes, d'un seul tenant et les agents travaillent en dessous."

Bogie
Les rames de tous les trains passent entre les mains des mécaniciens et des techniciens
tous les six mois pour des vérifications de sécurité.

Un gain de temps à un million d'euros

Avec plusieurs centaines de milliers de kilomètres parcourus chaque année, les roues des trains souffrent particulièrement. Mais avant d'être changées, elles sont rectifiées au moyen d'une technologie innovante.

"Le train est tiré par un chariot télécommandé sur les rails jusqu'ici, montre l'opérateur du tour de fosse, Antoine Ronchi. On le positionne et la machine procède aux rectifications nécessaires."

Ce travail qui réclamait auparavant l'immobilisation du train durant une semaine ne prend plus que deux jours et justifie l'investissement d'un million d'euros consenti à l'époque. Du temps, toute l'équipe en gagne aussi depuis la modernisation du magasin.

Ce bunker entièrement aménagé par les agents recèle pour deux millions d'euros de pièces de rechange spécifiques aux trains des CFC. Ici, le moindre boulon ou capteur est répertorié, chaque entrée et sortie du stock est notée par les responsables du service, Charles Finidori et Frédéric Sabiani.

"Tout est modernisé et informatisé. C'est un gain de temps considérable." Des agents qui doivent aussi anticiper les commandes sachant qu'il faut parfois compter 57 semaines... de délai pour obtenir une pièce de rechange. "Elles sont fabriquées en Allemagne et à flux tendu. Pour les couloirs intercirculations, nous avons dû attendre douze mois."

En matière de transport de voyageurs, les réglementations se révèlent draconiennes et toutes les opérations réalisées sur les trains sont soigneusement consignées.

"Là aussi, tout est informatisé et nous avons pour chaque rame de train des archives papier également. Nous savons quelle pièce, quelle réparation a été effectuée par quel agent et à quel moment", précise Cédric Tang-Po.

Soudure
À 18 ans, François-Joseph a choisi d'apprendre le métier au centre de maintenance
de Casamozza. Une passion pour les trains qui se transmet de père en fils dans la famille.

Un effort pour les conditions de travail

Des moteurs aux bougies en passant par les boîtes de vitesses, les toilettes, les vitres ou les fauteuils, tout est vérifié par le centre de maintenance à raison d'une visite minimum tous les six mois.

Sans compter les check-up d'urgence entrepris lors d'accidents ou de collision avec des animaux, qui demeurent extrêmement rares. Un service qui tourne bien et qui fait la fierté de la direction.

"Depuis que la SEM a été créée, nous avons tout mis en oeuvre pour internaliser un certain nombre de missions qui étaient auparavant assurées par la SNCF. La sous-traitance coûte cher et il est important pour nous d'avoir du personnel compétent et formé pour s'occuper de nos trains", souligne Hyacinthe Vanni, président des chemins de fer de la Corse.

Un personnel choyé par sa direction qui dispose par exemple au centre de maintenance de bureaux, de vestiaires, de douches et d'une salle de repos et de restauration qui sera elle aussi rénovée à la fin du mois.

"On demande beaucoup aux agents, y compris le soir et le week-end et nous faisons le maximum pour leur offrir de bonnes conditions de travail."

Casamozza est le centre névralgique du train corse qui doit maintenir une cadence soutenue pour assurer la sécurité des voyageurs, de plus en plus nombreux. En 2018, la fréquentation a de nouveau progressé, de 4,75 % par rapport à 2017, produisant des recettes qui dépassent aujourd'hui les cinq millions d'euros.

Une formation sur-mesure

Meulage
Photo christian buffa

Devant son établi, équipé du matériel de sécurité, François-Joseph Marchetti s'applique sur la soudure d'une pièce du rail.

À dix-huit ans, il ne s'est pas longtemps posé la question du choix de son métier. "Mon père et mon grand-père ont travaillé au chemin de fer. C'était une évidence pour moi de faire la même chose !"

Prendre soin des trains, les réparer, c'est une mission qu'il lui tient à coeur.

Au mois d'octobre, il débutera sa formation au centre des apprentis de Furiani. Un cursus qu'il a fallu ajuster à la spécificité de ces professions rares.

"Je vais suivre les cours du CAP carrosserie car il n'en existe aucun qui soit adapté aux trains", précise le jeune homme. L'entreprise a dû obtenir une dérogation de l'Éducation nationale pour permettre à François-Joseph d'apprendre au centre de maintenance de Casamozza. "Il n'y a pas d'écoles pour de nombreux métiers très qualifiés que ce soit pour la SNCF ou pour Airbus. Alors les entreprises forment directement en interne leur personnel", explique le chef de service Cédric Tang-Po.

Un autre alternant rejoindra l'équipe à la fin du mois de septembre, un étudiant en BTS.

Une voie toute tracée pour ces futurs agents des CFC.

À l'image de Richard Giudicelli qui en a fait l'expérience.

Après un contrat de professionnalisation durant quatre ans, il a été titularisé cette année et a rejoint l'équipe en charge de l'outillage.

Fosse

Source et photos : Corse Matin

Les horaires de l'automne 2018 sont disponible au téléchargement !

Vous les attendiez tous avec impatience, les horaires des Chemins de Fer de la Corse pour la saison automnale 2018 sont enfin là.

Pas de changement par rapport au précédent service hivernal pour ces horaires automnaux, petite particularité quand même, ils ne sont valables que du 3 septembre 2018 au 28 octobre 2018.
Pour télécharger les horaires, rien de plus simple, rendez-vous sur la page les horaires.

horaires

Les horaires estivaux 2018 sont en ligne !

Vous êtes nombreux à les attendre depuis plusieurs semaines, ils sont enfin arrivés.
Les horaires du service estival 2018 valables du lundi 2 juillet 2018 au dimanche 2 septembre 2018 sont disponibles au téléchargement sur la page les horaires

horaires

Renaissance de la voie ferrée en Plaine : mise en train difficile

Le rêve des élus est de renouer avec la ligne d'antan jusqu'à Porto-Vecchio. Mais la réunion de travail qui s'est tenue hier à Vescovato avec les maires donne la pleine mesure des difficultés pour rallier Folelli depuis Casamozza

Rail

Six ans. C'est en gros la durée du trajet en train entre Casamozza et Folelli. Dans l'absolu, ça peut paraître un peu longuet mais concrètement, mener à bon port, ou plutôt à bon quai, le projet de résurrection de la voie ferroviaire en Plaine orientale, c'est un vrai parcours du combattant, plus technique et juridique que politique d'ailleurs.

Hier, le dossier confié au cabinet Systra, était exposé dans le détail à la casa cumuna de Vescovato à l'ensemble des maires concernés, celui du village d'accueil, mais aussi Venzolasca, Monte, Sorbo-Ocagnano, Tagliu-Isulacciu, Castellare et Penta-di-Casinca.

Gare d'Arena
Une gare ancienne de la Casinca qui, comme tant d'autres, s'apprête à retrouver une nouvelle vie...

Plusieurs conseillers exécutifs, le chef (de gare) en tête, et élus territoriaux participent à une réunion de présentation et d'échanges qui, au bout du compte, produit deux enseignements majeurs.

D'abord, le consensus. Tout le monde (ou presque) apprécie le passage du train sur son territoire pour un wagon de bonnes raisons, on gagne du temps, le trajet est plus sûr, on pollue moins avec un trafic routier allégé, et c'est surtout un vecteur de développement pour l'économie locale.

Ensuite, le doute tant le dossier est semé de gros cailloux. Il y en a tant qu'ils pourraient servir de ballast aux futures voies.

Impossible de coller au tracé historique

Hyacinthe Vanni est souriant. Les Chemins de fer qu'il préside affichent une bonne santé financière, et l'affluence des usagers ne cesse de croître, de 700 000 à 1,1 million en cinq ans.

De quoi insuffler une dynamique à ce dossier prioritaire dont la finalité est d'aboutir jusqu'à Porto-Vecchio comme au bon vieux temps. Vanina Borromei évoque "une étape essentielle".

Gilles Simeoni, qui prend le train en marche, rappelle aux maires que le projet est inscrit au Padduc.

"Le train revient au coeur de notre vision stratégique d'aménagement du territoire. C'est le type même de projet qui ne peut réussir que si nous le faisons ensemble, et c'est cette philosophie-là que nous souhaitons promouvoir pour les chantiers structurants."

En géométrie variable...


- Longueur de l'itinéraire : 10.390 mètres suivant le tracé historique, quelques kilomètres de plus en fonction des variantes retenues.
- Estimation du coût : de 42 millions (32 millions de travaux et 10 millions de foncier) à 48 millions selon les itinéraires définitifs.
- Durée des travaux : six ans environs.

L'investissement sera supérieur à 42 millions d'euros.

Réunion Mairie Vecovato
A la casa cumuna de Vescovato, les élus de la majorité, les maires et les techniciens ont étudié à la loupe le projet de renaissance ferroviaire entre Casamozza et Folelli en attendant de voir plus loin encore sur la Plaine orientale
PHOTOS JACQUES PAOLI

"Il est finançable mais il n'est pas financé, et nous devrons faire des choix budgétaires", conclut le président d'une collectivité de Corse qui n'a plus les moyens de mener grand train. Il espère que le dossier sera éligible dans le futur plan post-PEI.

Sur le papier, l'itinéraire s'étire sur à peine plus de dix kilomètres, la distance du tracé historique avant le démantèlement de la voie en 1953.

Seulement voilà. Depuis, les communes se sont développées, des maisons et des entreprises ont jailli de terre, et des routes ont été construites. Repartir sur la seule base du tracé initial est impossible, à de rares endroits près.

Pourtant, pour enjamber les cours d'eau, mieux vaut s'y tenir pour ne pas se heurter aux nouvelles réglementations plus draconiennes et donc quasi insurmontables.

Et puis, le gros challenge du projet, c'est justement que les nouvelles gares jalonnent les communes traversées au plus près de leur centre pour faciliter l'accès de la population et envisager d'attirer du monde et des activités.

Le mode "tram-train" sera privilégié

En théorie, les techniciens du projet, Benoît Montini, directeur du transport de la collectivité de Corse le premier, misent sur le tracé le plus court et le plus direct possible. Les maires eux-mêmes sont parfaitement conscients de l'enjeu et, dans l'ensemble, ils sont plutôt de bonne composition.

À commencer par Yannick Castelli, le maire de Penta, qui, à l'instar de Marie-Thérèse Mariotti, maire de Taglio, préfère clairement le train au projet de nouvelle route.

Folelli (3 300 habitants aujourd'hui contre 30 à l'époque où passait le train), siège de la gare d'arrivée en attendant d'aller plus loin, est appelée à devenir une ville stratégique pour toute la région, la Casinca, la Costa Verde et la Castagniccia.

Chaque maire s'est vu proposer une variante au tracé historique. Plus on s'approche des secteurs urbanisés, plus c'est utile et profitable mais aussi plus compliqué et plus cher.

C'est à ce stade qu'on a évoqué le parc roulant avec l'acquisition du "tram-train", un train qui peut rouler à bonne allure en rase campagne et peut ralentir en traversant le coeur des communes avec le moins de nuisances possibles.

Ancien pont de la côte orientale
Suivre le tracé historique ne sera pas une sinécure, ce ne sera possible que dans de rares endroits, les autres ont été largement urbanisés depuis le démantèlement de la voie il y a 65 ans...

Mais les échanges donnent la pleine mesure des problèmes techniques et juridiques à surmonter : ne pas trop s'approcher des habitations, déplacer les réseaux, intégrer le projet aux documents d'urbanisme en cours d'élaboration ou de révision, envisager quelques expropriations, mais aussi prendre en considération les garde-fous multiples et variés, les espaces agricoles à préserver, très importantes sur le parcours, la loi Littoral, les zones inondables, etc.

On a même ressenti chez certains, comme à Castellare-di-Casinca, une certaine frustration à voir autant de freins à la construction même si le train n'y est pas pour grand-chose.

De Casamozza à Folelli, c'est un travail de titan qui reste à accomplir.

"C'est un projet qui vient de loin", dit Gilles Simeoni.

Il se fera, mais il n'est pas près d'arriver. Même si tout le monde est d'accord pour se magner le train.

Pour mémoire...

La ligne de chemin de fer de la Plaine orientale a été ouverte en 1888 sur son premier tronçon, entre Bastia et Ghisonaccia.

Elle est prolongée jusqu'à Porto-Vecchio en 1935.

Sur ces 152 km, on a construit plusieurs ponts, de pierre ou de métal, et même un tunnel de 500 m.

En septembre 1943, la retraite des troupes allemandes est destructrice pour les rails et pour les ponts, dix-huit ont sauté.

En 1958, une grande partie du patrimoine immobilier, notamment les maisons des gardes-barrières, est mise en vente.

La réouverture de la voie ferrée de la Plaine orientale est devenue un projet de science-fiction.

En 1982, sous la mandature Giacobbi, on acte le principe d'actionner des études.

L'actuelle majorité rêve d'aller jusqu'à Porto-Vecchio, mais il faut déjà songer à arriver à Folelli en 2024.

Source : Corse Matin

Pourquoi n’y a-t-il pas de grève des cheminots en Corse ?

La France est en proie à la grève de la SNCF. Une grève en réaction à la réforme que compte mettre en place le gouvernement. En Corse, aucune perturbation. Explications.

AMG 800

Ce mercredi matin, il y a du monde à la gare de Bastia. Mais cela n’a rien à voir avec la panique qu’ont connu les gares françaises ces deux derniers jours. Les trains circulent normalement et celui de 7h54 pour Ajaccio part à l’heure.
Les insulaires ne sont pas étonnés, mais pour des touristes venus d’Angers c’est une bonne surprise. « Ça faisait partie des impératifs. J’avais dit à ma femme, si on retourne en Corse, on fera l’aller-retour Bastia-Ajaccio. Ce matin, on était un peu dans l’incertitude et finalement pas de grève », sourit l’un d’entre eux.
Il n’y a pas de grève pour une raison toute simple. Les chemins de fer de la Corse ne sont pas la SNCF. Dans l’ensemble du pays, c’est la société publique nationale qui gère le réseau, mais pas dans l’île.

Société d’économie mixte

En 2012, la Collectivité territoriale de Corse qui est propriétaire des infrastructures ferroviaires insulaires, a arrêté de confier leur gestion commerciale à la SNCF.
Pour cela, elle a créé une société d’économie mixte qu’elle détient en majorité. « Le combat qui est mené actuellement par les agents de la SNCF n’est pas le même que le nôtre. Nous nous sommes déjà dans le cadre d’une structure juridique privée avec des contrats de droit privé. Eux sont dans le cadre d’une structure juridique publique qui est l’Épic SNCF actuel. Et nous, nous sommes sous une société anonyme d’économie mixte locale », indique Dominique Silvestri.
En Corse, les métiers du rail restent donc les mêmes, mais les conditions de travail des insulaires n’ont rien à voir avec les cheminots du continent. Alors la grève, cette fois-ci, ce sera sans eux.

Source : France 3 Corse Viastella

Modification des horaires des trains N°5 et N°6 et suspension des trains N°61 et N°52

Les Chemins de Fer de la Corse informent qu'à compter du lundi 5 février 2018 :

  • Les horaires des trains n°5 et n°6 sont modifiés au départ de Corte en raison d’une forte demande d'usagers et afin de satisfaire au mieux l'offre clientèle,
  • Les trains N°61 et N°52 sont temporairement suspendus entre Corte et Ponte-Leccia en raison de travaux sur la voie.

Téléchargez dès à présent ces horaires dans la rubrique "Les horaires"